La mode en Guadeloupe

Dans le cadre de la démarche globale d’insertion des Départements Français d’Amérique dans leur environnement géographique immédiat, le champ des industries culturelles, soit la dimension économique et
commerciale des grands secteurs culturels offre un champ majeur de coopération.

La mode constitue un des fers de lance de ce secteur grâce à un poids économique, stratégique et médiatique
de premier rang.

Les Accords de Partenariats Économiques (APE) intervenus entre l’Union Européenne et les Pays ACP, dont la communauté caribéenne, offre des perspectives de collaboration renforcées dans le domaine des industries
culturelles et notamment de la mode.

En Guadeloupe, la mode occupe une place importante dans la vie culturelle et économique, et s’organise entre trois principales activités: création, distribution et promotion. La création locale est axée autour de l’habillement, et mobilise essentiellement de très petites entreprises,
souvent artisanales.

Parallèlement, il apparait que l’essentiel de la valeur ajoutée locale de cette filière provienne du pôle
« distribution » qui regroupe majoritairement des sociétés intégrées à de grands groupes locaux (Blandin, Hayot…). En l’absence de chiffres fiables, il semble toutefois que les chaines et franchises occupent la grande majorité du marché de la distribution en matière d’habillement face à l’érosion des indépendants multimarques.

La montée en puissance des principaux centres commerciaux régionaux, au détriment des centre-ville en est
également l’illustration et le moteur.
Ce modèle de l’import-distribution est aussi valable dans le secteur de la beauté qui regroupe des enseignes
commerciales très dynamiques (Nocibé, Milani, Nina des Iles…).

En matière de promotion, la Guadeloupe souffre de l’absence de véritables plateformes professionnelles régulières et qui répondent durablement aux besoins de la filière, dans une véritable logique de développement international
De surcroit, en l’absence d’autorité sectorielle, diverses initiatives privées d’évènementiels se sont positionnées ces dernières années sans véritable expertise, ni plan stratégique adapté aux besoins réels des acteurs du secteur.
En définitive, sur cet axe « promotion », la majorité des évènements régionaux demeurent de portée réduite et peu structurante.

D’un point de vue interne, la filière mode en Guadeloupe souffre essentiellement d’une insuffisante structuration (faiblesses des unités productives et des organisations professionnelles), d’un déficit d’expertises techniques (formation, design, marketing, management) ainsi que de synergies internes (absences de relais entre les divers pôles de la filière).
Ce diagnostic étant globalement valable également sur les trois territoires des Antilles-Guyane.

Dans une démarche de développement, plusieurs initiatives majeures ont été engagées par l’agence LA TRIBU
depuis quelques années en liaison avec des opérateurs guadeloupéens, caribéens, français et internationaux.

L’une des principales recommandations stratégiques à l’issue de ces travaux est qu’une démarche de
structuration durable et viable ne peut être engagée en Guadeloupe qu’au contact des modèles avancés
et des expériences de nos voisins caribéens.
Le projet KFD s’inscrit dans cette logique globale. Toutefois, au-delà de la reconnaissance de son potentiel créatif, la filière de la mode en Caraïbe souffre d’un différentiel de développement et de structuration.

En effet, les réseaux anglophones et hispanophones sont particulièrement avancés et mieux positionnés grâce à leur plus grande expérience internationale et au caisson de résonance de leur diaspora dans les grandes
capitales mondiales de la mode (Mila, Londres, New-York, Paris).
Tandis que le réseau francophone (Antilles-Guyane, Haïti, zone OECS…) souffre encore d’une faible présence
commerciale, médiatique et d’un déficit d’expertise technique.
Aussi, les évolutions récentes durant ces cinq dernières années ont conduit à la nécessité de bâtir et
renforcer un axe créolophone et francophone, qui interviendrait en synergie avec les principales
autorités hispanophones et anglophones de la zone.

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